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» L'UE fait son mea culpa et sonne la mobilisation pour
sortir de la crise (PAPIER GENERAL)
Par Bertrand PINON
=(PHOTO)=
STRASBOURG (Parlement européen), 8 juin 2005 (AFP) -
La présidence de l'UE et la Commission européenne
ont fait mercredi un timide mea culpa et plaidé pour
une Europe "différente" après le non
franco-néerlandais à la Constitution, tout en
sonnant la mobilisation pour un accord budgétaire au
prochain sommet de Bruxelles.
"L'Union européenne ne doit pas glisser dans une
sorte d'incertitude permanente, d'immobilisme, au pire de paralysie",
a mis en garde à Strasbourg le ministre délégué
luxembourgeois aux Affaires étrangères, Nicolas
Schmit, dont le pays tient les rênes des 25 jusqu'à
la fin du mois.
"L'Europe doit continuer. Elle doit montrer qu'elle garde
sa pleine capacité de décision et d'action",
a-t-il plaidé devant le Parlement européen.
M. Schmit a réaffirmé que la présidence
ferait "tout son possible pour faciliter un compromis acceptable
par tous" lorsque les dirigeants de l'UE tenteront d'arracher
les 16 et 17 juin un accord sur le budget communautaire 2007-2013
et devront fixer le sort de la Constitution.
"Un accord est souhaitable, mais (aussi) possible",
a renchéri le président de la Commission, José
Manuel Durao Barroso.
La présidence luxembourgeoise a fait d'un accord sur
le budget européen sa priorité pour éviter
un "blocage dangereux" de l'UE après les référendums
en France et aux Pays-Bas.
La négociation s'annonce rude. Six contributeurs nets
(Allemagne, Pays-Bas, France, Royaume Uni, Suède, Autriche)
veulent plafonner les finances communautaires 2007-2013 autour
de 815 milliards d'euros, loin des 1.000 milliards proposés
par Bruxelles. Autre dossier explosif : le rabais accordé
au Royaume Uni, que plusieurs pays emmenés par la France
remettent en cause.
Tout en réaffirmant leur souhait d'une poursuite de la
ratification de la Constitution, proclamée "morte"
par les eurosceptiques, le tandem Schmit-Barroso a appelé
à entendre le "message" des électeurs.
Au-delà de l'"insatisfaction" populaire, le
ministre luxembourgeois y a vu "une adhésion toujours
forte à l'idée européenne", mais "à
une Europe qui agit différemment (...) après un
débat démocratique qui a certainement fait défaut
pendant trop longtemps".
Il a appelé à "rattraper le temps perdu"
par un dialogue notamment "dans nos pays, dans nos parlements
nationaux, avec les partenaires sociaux".
"La réflexion qui doit être menée ne
peut pas être une réflexion limitée aux
seules chancelleries. Ce n'est pas cette voie là qui
nous sortira de la crise actuelle", a martelé M.
Schmit.
M. Barroso a mis en garde contre toute "attitude autiste,
arrogante et irrespectueuse de la majorité des citoyens
de deux pays".
"Il n'y a pas de plan B, il n'existe pas, il n'a jamais
existé, mais peut-être on pourra parler d'un plan
D, comme démocratie, un plan D pour écouter les
gens", a-t-il ajouté, appelant à une "synthèse
intelligente" dépassant les "clivages idéologiques"
du "dieu Marché" et du "dieu Etat".
Des élus de tous bords ont abondé dans le sens
du chef de file des élus centristes et libéraux,
Graham Watson, pour dénoncer une "Europe trop secrète
et opaque". "Les portes closes, ça ne passe
plus", a renchéri le communiste français
Francis Wurtz, pour qui "beaucoup de personnes voudraient
rêver d'Europe, mais ne rêvent pas du pacte de stabilité
ou de la directive Bolkestein".
"Je ne veux plus perdre, je ne veux plus de mensonges",
a tonné le bouillant Vert Daniel Cohn Bendit, réclamant
un débat public au sommet de Bruxelles, mais craignant
aussi un compromis au rabais sur le budget.
Ramenant sur le devant de la scène la proposition d'un
"partenariat privilégié" avec la Turquie
plutôt qu'une adhésion, le patron du puissant groupe
conservateur Hans-Gert Poettering a été rappelé
à l'ordre par son alter ego socialiste, Martin Schulz,
qui lui a demandé de ne pas "jouer avec le feu".
bpi/pg/bds AFP 081133 GMT JUN 05