| Sessão
de 6 de Setembro de 2006.
Debate sobre a situação no Médio Oriente
Miguel Portas (GUE/NGL),
"Neste Verão, o Líbano resistiu
a um dos mais poderosos exércitos do planeta. O seu sofrimento só pode merecer respeito e aplauso.
A resolução 1701 chegou tarde e não distingue entre agressor
e agredido. Mas alcançou o cessar-fogo e está a dar uma oportunidade à Paz.
A missão da Finul é a apropriada. Nem mais, nem menos.
Apoiar a reconstrução; dificultar o segundo round da guerra;
dar tempo ao diálogo entre libaneses, a única sede onde se devem
resolver os problemas da defesa do país.
Há outras urgências.
Na Palestina, o bloqueio deu o sinal errado a Washington e Telavive. E castiga
um povo por acreditar na democracia.
Em Teerão, ultimatos e ameaças apenas aceleram a corrida ao armamento
nuclear.
É tempo de relançar a Paz. No Médio Oriente só a
arma da política pode vencer a política das armas."
Francis Wurtz (Presidente do GUE/NGL).
"Monsieur le Président, Monsieur le Président
du Conseil, Madame la Commissaire,
Ce que nous avons vécu cet été devrait être, à tous égards,
totalement inconcevable à notre époque.
En premier lieu, un Etat, Israël, pilonne et affame la population
civile de Gaza, enlève ministres et députés
qui vont rejoindre les 8000 prisonniers palestiniens déjà détenus,
et fait plus de 200 morts dans la population de ce petit territoire,
devenu, selon l'expression de M. Jan Egeland, le coordinateur des
affaires humanitaires de l'ONU, "a ticking bomb", une
bombe à retardement. Puis la même armée écrase
le Liban, 34 jours durant, n'établissant - selon les termes
de Human Rights Watch - "aucune distinction entre les civils
et les objectifs militaires"; causant la mort de 1100 civils;
provoquant le déplacement forcé du quart de la population
imposant un blocus total au pays; "visant délibérément" -
a souligné Kofi Annan - et tuant des observateurs de la
force internationale de maintien de la paix; détruisant
- selon le PNUD - 15000 logements et 78 ponts; anéantissant
les infrastructures vitales du pays: ports, aéroports, centrales électriques;
provoquant une gigantesque marée noire; utilisant des obus
pouvant contenir jusqu'à 644 engins explosifs dont 100000
continuent de tuer aveuglément hommes, femmes et enfants...
En deuxième lieu, une superpuissance, les Etats-Unis, appuie
la stratégie de son allié, tant en Palestine qu'au
Liban, au nom de la "guerre contre le terrorisme", déjà à l'?uvre
en Irak et en Afghanistan. Sa Secrétaire d'Etat compare
les souffrances du peuple libanais aux "douleurs de l'enfantement
du Nouveau Moyen Orient". Elle livre à Israël,
en pleine guerre, des armes de plus en plus sophistiquées,
et refuse pendant plus d'un mois de combats acharnés, d'appeler à un
cessez-le-feu, pourtant demandé avec véhémence
par le gouvernement libanais et le Secrétaire général
des Nations Unies.
En troisième lieu enfin, une institution qui nous est particulièrement
proche, le Conseil, s'est longtemps avéré incapable
de demander un cessez-le-feu - malgré la tentative louable
de la présidence finlandaise et l'appel unanime lancé en
ce sens par la Conférence des présidents du Parlement
-. Il trouve même des excuses au comportement de l'armée
israélienne en évoquant le droit à la "self-defence"!
Autant il était légitime de condamner la capture
initiale des soldats israéliens par le Hezbollah, puis surtout
la grave décision de celui-ci de riposter aux bombardements
israéliens sur des villes libanaises par l'envoi de missiles
sur des villes israéliennes - commettant ainsi à son
tour des crimes contre la population civile - , autant le feu vert
accordé de fait, pendant de longues journées, à Israël
pour mener et poursuivre cette guerre terrifiante soulève
la stupéfaction et la révolte!
Aussi ne pouvons-nous nous contenter, aujourd'hui et dans la période à venir,
de ne parler que des contributions européennes à la
FINUL et à la reconstruction - aussi important que soit
ce double enjeu -. Nous devons tirer avec lucidité et esprit
de responsabilité les leçons de cette douloureuse
expérience. Et d'abord celle-ci: au c?ur de toutes les convulsions
du Moyen Orient, chaque jour plus dramatiques pour les populations
et chaque jour plus dangereuses pour la sécurité internationale,
il y a l'occupation des territoires conquis en 1967 et l'obstination
d'Israël à refuser l'application des résolutions
pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Or, l'Union européenne a levé le pied sur cette exigence
vitale pour la paix. Quelle initiative a-t-elle prise pour relancer
la "Feuille de route" du "Quartet"? Qu'a-t-elle
fait pour valoriser le Plan de la Ligue arabe en 2002 qui proposait
la normalisation des relations avec Israël contre la reconnaissance
de l'Etat palestinien? Qu'a-t-elle entrepris pour placer les dirigeants
israéliens devant leurs responsabilités historiques?
Au lieu de cela, elle a suspendu l'aide aux institutions palestiniennes;
délégitimé gouvernement et parlement démocratiquement élus;
boudé les efforts courageux du Président Mahmoud
Abbas pour reconstruire une entente nationale; et accepté sans
coup férir la fermeture des seuls points de passage entre
Gaza et l'étranger dont elle assurait officiellement le
contrôle.
Je formule l'espoir que les décisions communes de ces derniers
jours soient le signe d'un ressaisissement de l'Europe vis à vis
de tout le Proche Orient. A présent, il lui faut durablement
choisir entre la conception Bush de la "guerre contre le terrorisme" et
le retour aux fondamentaux du droit international. Je pense qu'une
paix juste et durable au Proche Orient est à ce prix. La
crédibilité de l'Europe dans le monde également.
Je vous remercie."
Versão inglesa aqui. |