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Intervenção de Miguel Portas

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Intervenção de Monica Frassoni
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Intervenção de Jean-Claude Juncker

Sessão de 22 de Junho de 2005
Debate conjunto Conselho Europeu/Presidência luxemburguesa

O dia das verdades

 

 


Intervenção de Miguel Portas:
A Europa da mercearia

Ao Conselho faltou coragem para enterrar o Tratado. A pausa não é nada. Não se adia o que já morreu. Nem há ressurreição para o que não pode ser salvo.

Ao Conselho faltou ainda a visão. A franqueza do Presidente do Conselho, apenas ilumina a verdade escondida da Europa dos governos: sem ambição política própria, refém dos egoísmos nacionais, quer fazer omeletas sem ovos. E dedica-se à mercearia. Assim, só pode falhar.

Há um antes e um depois do voto francês. Ou a Europa quer ser apenas um mercado, ou se refunda. E avança porque ouve as razões sociais dos referendos.

A emergência da opinião pública é a novidade mais importante desta crise. Este novo protagonista não quer menos Europa. Quer mais e melhor Europa. A resposta não é a pausa, mas a coragem de um novo processo constituinte, realmente democrático. E não é o impasse, mas uma Europa dotada de recursos próprios, mais solidária e capaz de lutar contra o desemprego.

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Intervenção de Francis Wurtz em nome do Grupo GUE/NGL

Monsieur le Président,


Je veux, tout d'abord, remercier vivement M. Junker, pour le respect qu'il vient de témoigner au Parlement européen en nous faisant un compte rendu aussi sincère, aussi transparent et aussi éclairant du Conseil européen. En 26 ans d'expérience parlementaire, c'est pour moi une "première"! J'y reviendrai dans un instant ainsi que demain. Auparavant, je veux m'arrêter sur le dernier thème évoqué par M. Junker: la ratification du projet de traité constitutionnel.

Je constate avec intérêt que, trois semaines après les premiers succès du NON à l'ex-projet de traité constitutionnel, la vérité se fraie peu à peu son chemin, tant sur la nature des exigences que ces votes ont exprimées, que sur leur portée, qui dépasse de loin les deux pays directement concernés.

Ainsi, un sondage commandité par la Commission elle-même après le référendum en France est analysé en ces termes dans le bulletin d' "Eurobaromètre": "les préoccupations sociales (sont) au coeur du NON"! Est notamment citée, parmi les principales motivations du NON, "une vision trop libérale du texte sur le plan économique ainsi que le manque d'Europe sociale". Le commentaire ajoute "que le rejet de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne n'a été cité spontanément que par 6% de partisans du NON". Le choix des électrices et des électeurs a été, note enfin le document de "Eurobaromètre", "mûrement réfléchi". Ajoutons que pas plus de 4% des personnes interrogées se déclarent "contre l'Europe" Le message est donc clair: oui à l'Europe, y compris élargie, mais non à sa dérive libérale.

Ce sentiment, bien d'autres peuples le partagent. C'est ce qui explique "l'effet domino" des deux premiers NON. Des leçons commencent à être tirées de ces révélateurs grandeur nature de la crise de confiance des citoyens et des citoyennes vis à vis de l'Union telle qu'elle est. Y compris par la Confédération européenne des syndicats, qui vient d'inviter les "25" à prendre en considération "la crainte d'un abaissement des normes sociales et d'une politique néolibérale" afin de "regagner la confiance des citoyens européens".

C'est dans ce contexte qu'il faut apprécier le dernier Conseil européen. Résumons: il a décidé de poursuivre le processus de ratification de l'ex-projet de traité "en en adaptant le calendrier (...) selon les circonstances" - ce qui est singulièrement cavalier, du point de vue démocratique -; il est convenu "d'entreprendre une réflexion" ..."pour gagner du temps" a aimablement précisé un haut dirigeant européen... Et, en prime, il a offert à l'opinion européenne l'image la plus caricaturale de cette Europe mercantile, égoïste et sans projet que nos concitoyens, précisément, rejettent avec raison! On ne pourrait pas mieux tourner le dos aux attentes des Européens.

A cet égard, M. Juncker - après avoir tant oeuvré pour éviter une issue aussi déplorable - a trouvé les mots justes pour fustiger le principal responsable de ce fiasco. Au delà, c'est tout le "club des six" - ces pays rivés depuis des mois à leur obsession du gel du budget à 1% de revenu européen - qui incarne, à mes yeux, une conception étriquée de l'Europe, sans rapport avec les ambitions affichées.

Quelle véritable alternative envisager, non seulement en termes budgétaires mais d'orientations, de critères, d'institutions: voilà, aux yeux de mon groupe, l'ordre du jour du grand débat citoyen dont nous avons besoin à l'échelle de l'Europe et que j'ai appelé de mes voeux lors de notre dernière session en m'adressant particulièrement à l'ensemble des forces de gauche. Martin Schulz semble répondre positivement à cette idée, mais dans un cadre très institutionnel. Il me semble qu'une triple condition du succès d'un tel débat est qu'il soit libre de toute pression, ouvert aux citoyens réels et non à des porte parole institutionnels de la "société civile", enfin qu'il débouche sur un nouveau traité dans lequel nos concitoyens puissent, cette fois, se retrouver.

J'ajoute que les décisions concrètes qui seront prises au niveau européen pendant cette "période de réflexion" doivent, elles aussi, illustrer, aux yeux de nos concitoyens, notre capacité à entendre leurs messages et notre détermination à la prendre pleinement en compte. Mais cela, nous l'aborderons demain en présence de notre prochaine présidence, qui nous changera manifestement de celle qui s'achève. Le grand débat sur l'avenir de l'Europe démarre sur les chapeaux de roues.

Je vous remercie.

English

Mr President,

I would like, first of all, to genuinely thank Mr Juncker for the respect in which he holds the European Parliament by giving us such a sincere, transparent and enlightening account of the European Council. In my 26 years' experience, this is a "first" for me! I will come back to this in a minute as well as tomorrow. Before that I would like to focus on the last subject evoked by Mr Juncker: the ratification of the draft constitutional treaty.

I note with interest that, three weeks after the initial success of the NO vote to the former draft constitutional treaty, the truth is slowly making itself heard, both in terms of the nature of the demands that these votes expressed and their scope, which extends far beyond the two countries directly involved.

An opinion poll commissioned by the Commission itself after the referendum in France is analysed in these terms in the "Eurobarometer" bulletin - "social concerns (are) at the heart of the NO vote"! Mentioned notably among the main motivations behind the NO vote is "the text's too-liberal vision at an economic level as well as the lack of a social Europe." The explanation adds "that the rejection of the Turkey's entry into the European Union was only mentioned spontaneously by 6% of NO voters". The choice of the electorate, both women and men, was, according to the Eurobarometer document, "carefully considered". Let us add that no more than 4% of the people questioned said they were "against Europe". The message is therefore clear: yes to Europe, including an enlarged Europe, but no to its liberal drift.

The people of many other nations share this feeling. This is what explains the "domino effect" of the first two NO votes. Lessons are starting to be drawn from these larger-than-life indicators of the crisis of confidence facing all citizens, women and men, in relation to the Union as we know it today. Including by the European Trade Union Confederation which has just invited the "25" to take into consideration the "fear of a lowering of social standards and neo-liberal policies" so as to "regain the confidence of European citizens".

It is in this context that the last European Council must be considered. To sum up: it decided to pursue the ratification process of the former draft treaty "by altering the timetable according to the circumstances" - which is singularly cavalier, from a democratic point of view; it was agreed "to undertake a period of reflection" ... "to gain time" - as one top-ranking European official specified. And, to top it all, he offered a really caricatured image of a mercantile and selfish Europe lacking any project that our citizens precisely and rightly reject! There could be no better way for us to turn our backs on the expectations of Europeans.


In this respect, Mr Juncker - having worked so hard to avoid such a deplorable outcome - found the right words to rebuke those mainly responsible for this fiasco. Other than that, it is the whole "club of six" - those countries who focused for months on their obsession with freezing the budget at 1% of European revenue - that incarnates, in my eyes, a downsized concept of Europe, which has no relation with the ambitions it displays.

What true alternative can be envisaged, not only in budgetary terms but in terms of orientations, of criteria, of the institutions: this is, in my Group's eyes, the agenda for a major debate by citizens that is required at a European level and that I called for during our last sitting when I addressed the forces of the left in particular. Martin Schulz seems to respond positively to this idea but in a highly institutional framework. I consider that a threefold condition for the success of such a debate is that it is free from all pressure, open to real citizens and not institutional spokespersons for "civil society" and that it results in a new treaty in which our fellow citizens will recognise themselves this time around.

I add that the concrete decisions that will be taken at European level during this "period of reflection" should also illustrate, in the eyes of our fellow citizens, our ability to hear their messages and our determination to take them fully into account. But we will broach this subject again tomorrow in the presence of our incoming presidency, which will clearly be a change from the outgoing one. The huge debate on the future of Europe is getting off to a great start.

Thank you.

 

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Intervenção de Monica Frassoni em nome do Grupo dos Verdes/APE

"Se per far funzionare l'Unione Europea fosse sufficiente avere une presidenza del Consiglio efficace e un Presidente in esercizio dotato di una sicura fede europea, di un certo carisma e credibilità, saremmo a cavallo. Il Lussemburgo e il suo Presidente hanno guidato bene l'Unione in questi mesi turbolenti, ma questo non é servito né a ridare fiducia agli elettori francesi e olandesi chiamati alle urne, né a rilanciare la macchina economica europea, né a mettere in cantiere iniziative positive, di quelle che "fanno sognare".

E il Consiglio europeo non ha fatto altro che confermare la realtà di un'Europa dei governi divisa, incapace e forse neanche troppo interessata ad avere una vera ambizione europea di fronte ad un'Europa dei popoli incerta e impaurita. E ci dispiace Presidente Juncker che l'ultimo atto della sua Presidenza sia stata una proposta di bilancio inaccettabile perché posta nella stessa perdente logica di una riduzione insostenibile del Bilancio dell'UE. Lei sta in una istituzione sbagliata e inadeguata per la sua visione europea.

Speriamo che abbandonata la Presidenza, il suo governo getterà alle ortiche anche questa proposta.

Durante questo Consiglio, é emerso con chiarezza il fatto che chi vuole che l'Europa sia solo un grande e inefficiente supermercato pare oggi in vantaggio rispetto a chi invece crede in un'Europa politica, dotata di istituzioni forti e democratiche e di risorse sufficienti. Per adesso sono solo costoro che escono rafforzati dai due NO: credo che ne avremo un'ulteriore conferma domani quando Tony Blair ci verrà a raccontare con parole dolci e patinate come rendere l'Europa ancora più intergovernativa e ancora più debole: per adesso il solo piano B in vista é l'ormai noto Piano Blair.

Quindi il mio gruppo ritiene che sia stato un bene che il Consiglio si sia dato una pausa di riflessione sulla Costituzione e che non si sia raggiunto alcun accordo sulle prospettive finanziarie. Ma ritiene anche che sia necessario dare tempi, metodo e obbiettivi chiari alla riflessione e che sulle prospettive finanziarie sia necessario riaprire capitoli difficili che sembravano già chiusi. E' su questi due temi che si consumerà il conflitto tra i supermercatisti e gli unionisti, quindi tanto vale, Presidente Juncker, cominciare a scegliere il proprio campo, perché gli europei non possono più accettare astrusi compromessi.

E se si crede davvero che l'Unione politica resta l'orizzonte, se davvero ci si é vergognati di dover subire l'iniziativa dei 10 nuovi paesi sul bilancio, allora bisogna agire subito e senza ambiguità: rinnegare la lettera dei 6, entrare finalmente nell'ordine di idee che é sulle priorità politiche che si deve basare la discussione sull'entità del bilancio e non viceversa, e aprire la discussione non solo sulla PAC, ma sui fondi strutturali, LIFE Natura, educazione, ricerca, eccetera. Se é vero che i NO alla Costituzione sono stati dei NO al modo in cui l'Europa e i suoi governi agisce oggi, non é riducendo i fondi per lo sviluppo, per la coesione, per lo sviluppo rurale, per l'ambiente che si risponde, checché ne dicano Bolkenende, Persson o Blair. E poi dobbiamo, caro Presidente Barroso, dire e fare qualcosa di europeo, che sia ben altro che la Direttiva Bolkestein, la brevettazione del software o l'autorizzazione arbitraria e fatta a porte chiuse di nuovi OGM o un po' di aria fritta sullo sviluppo sostenibile mentre in realtà la politica ambientale diventa sempre più marginale nella sua Commissione: La riflessione sul futuro della Costituzione sarà fortemente facilitata se nei prossimi mesi l'Europa avrà qualcosa da offrire. REACH, Cambiamenti climatici, rispetto serio degli impegni sul Millenium round, un'iniziativa su Cipro e sui Balcani. Se riuscissimo a portare a casa dei risultati nei prossimi mesi su questi dossier la nostra "riflessione" costituzionale sarebbe grandemente facilitata!

Per quanto riguarda la Costituzione, noi abbiamo serissimi dubbi che questa "riflessione" possa essere guidata dalla rissosa brigata in azione al vertice; e questo PE deve prendersi qualche responsabilità e scegliere se vuole solo essere una specie di prolungamento dei governi o dei partiti nazionali o uno dei promotori di un dibattito davvero europeo e positivo su come salvare la Costituzione e con chi. Pte Borrell, spero che ci saranno risorse, spazio, energie a disposizione per chi vorrà organizzare e condurre questo dibattito, perché non potremo certo restare chiusi a Bruxelles e dopo la riflessione verrà anche il tempo della decisione.

No alla riduzione del bilancio; si a politiche positive per l'Eu immediatamente comprensibili per i cittadini, si ad una costituzione per l'Europa".

Français

"Le Luxembourg et son premier ministre ont bien mené l'Union dans ces mois de turbulences. Hélas cela n'a pas été suffisant pour redonner confiance aux électeurs français et néerlandais, ni pour relancer la machine économique européenne ou toute initiative politique capable de faire rêver.

Le Conseil européen n'a fait que confirmer la réalité d'une Europe composée de gouvernements divisés et pas vraiment intéressés par ses citoyens face à leurs incertitudes et à leurs peurs. Monsieur Juncker, il est désolant de voir que le dernier acte de votre présidence soit une proposition budgétaire inacceptable dans la mesure où elle est basée sur une logique de réduction du budget de l'Union.

Cette proposition est le résultat de calculs compliqués certes, mais elle entraîne une réduction dans le domaine du développement rural, de la coopération et du développement, de l'environnement et de l'agenda de Lisbonne. Nous espérons que votre gouvernement jettera aux orties cette proposition dès que vous ne serez plus à la tête de l'Union. Aujourd'hui, certains voudraient que l'UE soit un grand supermarché et non pas une union politique, c'est ceux là qui sont sortis renforcés après les deux non aux référendums. Nous en aurons la confirmation avec le discours de Tony Blair ce jeudi au Parlement européen. Il aura un discours intergouvernemental, donc encore plus faible pour l'Union.

Nous estimont positif qu'il n'y ait pas eu de mauvais accord sur les perspectives financières. Nous avons toujours considéré quil valait mieux ne pas avoir d'accord que d'avoir un mauvais accord sur les perspectives financières. Nous pensons que le Conseil a bien fait de s'accorder un temps de réflexion sur le processus constitutionnel sans pour autant interrompre le processus de ratification pour ceux qui souhaitent le poursuivre. Beaucoup de Verts européens vous soutiendront.

Nous avons besoin d'une méthode et d'objectifs clairs pour cette réflexion. Il faut trouver une solution au conflit entre les tenants de "l'Europe supermarché" et les tenants d'une véritable union politique. Nous devons mener une discussion sur l'ensemble du budget, sur la PAC, LIFE, les fonds structurels. Comme le disait un célèbre réalisateur italien, nous devons faire quelque chose d'européen; pas la directive Bolkstein, pas le brevet logiciel ou l'autorisation à huis clos permettant l'importation d'OGM.

Monsieur Barroso, la réflexion sur la légitimité de la Commission européenne sera plus facile si l'UE a quelque chose à offrir comme par exemple REACH, les initiatives en matière de changements climatiques, une véritable Europe sociale, la directive sur le temps de travail, sur le cycle des négociations du millénaire, cela permettra de redorer le blason de l'Union européenne et de la Constitution. Le Président du Parlement européen doit être le promoteur d'une initiative qui permettra à notre institution d'être au centre des débats".