Le Président sahraoui appelle le Conseil de
sécurité onusien à protéger la population
sahraouie opprimée par le Maroc
Bir Lehlu, 26/05/2005 (SPS) Le Président de la République
Arabe
Sahraouie Démocratique, Mohamed Abdelaziz, a appelé
jeudi la Présidente du
Conseil onusien de sécurité, S.E. Ellen Margrethe
Loj, à protéger la
population civile sahraouie opprimée cette semaine par
les autorités
marocaine après un soulèvement populaire à
El AAaiun.
Voila le texte intégral de la lettre traduite de l’Arabe.
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Madame Ellen Margrethe
Présidente du Conseil de Sécurité
Nations Unies
New York.
Madame la Présidente du Conseil de sécurité,
Le Sahara Occidental est inscrit depuis les années soixante
du XXème
siècle à l’ordre du jour des Nations Unies
en tant que problème de
décolonisation, et les multiples textes et résolutions
de l’Assemblée
générale et du Conseil de sécurité
des Nations Unies réaffirment depuis cette
date, jusqu’à la dernière résolution
adoptée en avril dernier le droit
inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination
et à
l’indépendance.
Les énormes efforts, tant humains que financiers, consentis
par la
Communauté internationale tout au long de ces longues
années se sont,
malheureusement heurtés à l’intransigeance
de la politique du Royaume du
Maroc qui traduit sa réelle volonté de faire avorter
toutes les
tentatives visant à trouver une solution juste et pacifique
à ce conflit au
point de récuser le principe même du référendum
d’autodétermination.
Après avoir altéré et confiné le
Plan de paix ONU-OUA pour le Sahara
Occidental dans une impasse mortelle, plan qu’il a pourtant
signé avec le
Front POLISARIO, le gouvernement marocain a réaffirmé,
non seulement
son refus catégorique au Plan de paix pour l’autodétermination
du peuple
du Sahara Occidental, adopté à l’unanimité
par le Conseil de sécurité à
travers la résolution 1495 (2003), et connu sous le Plan
Baker, mais
refuse toute solution qui ne garantisse pas la perpétuation
de son
occupation illégale du Sahara Occidental qu’il
a envahi et occupé, le 31
octobre 1975 en violation de la légalité internationale
incarnée par la
Charte des Nations Unies et par sa doctrine en matière
de
décolonisation.
Il est patent que si les Nations Unies n’assument pas
leur
responsabilité de mettre fin à la décolonisation
du territoire du Sahara
Occidental dans lequel elles sont présentes à
travers la MINURSO, la
persistance de la position du Maroc et sa politique visant à
réduire à néant
les efforts de la Communauté internationale hypothèquent
plus que jamais
la paix et peuvent engendrer des conséquences néfastes
pour la
stabilité de la région.
Je saisis cette occasion, également pour vous informer
au sujet de la
répression menée par les autorités marocaines
contre les populations
civiles sahraouies vivant sous le joug de l’occupation,
et qui connaît
ces derniers jours une escalade gravissime sans précédent.
En effet, les
autorités marocaines viennent de réprimer violemment
plusieurs citoyens
sahraouis dont le seul tort est d’avoir manifesté
pacifiquement et
réclamé le respect des droits de l’homme,
l’application des résolutions des
Nations Unies concernant le Sahara Occidental, et en particulier
le
droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Madame la Présidente du Conseil de sécurité,
Les autorités d’occupation marocaine ont procédé,
le samedi 21 mai 2005
au transfert abusif du détenu politique sahraoui, Hadi
Ahmed Mahmoud,
dit El Kainane, transféré abusivement de la Carcel
negra (prison noire
d’El AAaiun au Sahara Occidental) vers la prison d’Ait
Melloul sans que
ses parents aient été tenus au courant et ce,
après avoir subi
plusieurs sévices de la part des services de l’ordre
marocains.
Devant cette situation inhumaine et ces faits qui viennent
s’ajouter
aux exactions et persécutions au quotidien, la famille
du détenu,
soutenue par les activistes sahraouis des droits de l’homme
a organisé un
sit-in devant la prison noire d’El Aaiun pour protester
contre le
transfert de leur fils et dénoncer la politique discriminatoire
du Maroc qui
intervient pour couronner un long processus dont la finalité
est de
modifier la carte démographique du territoire du Sahara
Occidental en
l’inondant de colons marocains.
Au milieu de la journée du 22 mai , les manifestants
ont été
aveuglement réprimés par les forces de l’ordre
et par un groupement
d’intervention rapide créé récemment
par les autorités coloniales marocaines.
Plusieurs activistes des droits humains ont été
blessés gravement au cours
des affrontements et quelques uns sont toujours hospitalisés.
Madame la Présidente du Conseil de sécurité,
Les autorités marocaines ne se sont pas contentées
de la répression
féroce et de la violence policière coutumières
mais ont procédé, par la
même occasion au quadrillage complet des principaux quartiers
populaires de la ville d’El Aaiun, notamment Zemla, Maatallah,
l’avenue de
Smara, les artères de la ville de Tan Tan, Ras Kaima,
Boucraa et bien
d’autres villes.
En réaction aux manifestations pacifiques organisées
par les
populations civiles sahraouies dans les territoires sous occupation
marocaine, et
suite aux à leurs revendications légitimes à
la liberté de circulation
et d’_expression, les autorités marocaines ont
adopté é leur encontre
une de leurs plus dangereuses démarches dans le domaine
des violations
des droits de l’homme en procédant, les 24 et 25
mai courant, à une
répression sauvage qui jette une lumière crue
sur la nature du système
d’occupation installé par le Maroc au Sahara Occidental,
et qui passe
maintenant à sa vitesse supérieure dans un silence
médiatique sans
précédent..
Partant du fait que les populations civiles sahraouies ont
le droit
d’exprimer librement et pacifiquement leurs opinions et
positions, nous
tenons à condamner de manière énergique
ces pratiques répressives
dégradantes et demandons une intervention en toute urgence
afin de mettre un
terme à la politique marocaine de violation des droits
de l’homme au
Sahara Occidental.
Le bilan de l’intervention des forces de l’ordre
marocaines très lourd,
s’est caractérisé notamment par :
* Les Blessés:
- Mme. Chereifa Dalil. - Mme. Lemliha Dalil. - M. El Arbi Abdenabi.
- M. Abdallah Ould Lehmad. - M. Errayes Hassan. - M. Babeit
Ali Salem. - M. Rachid Amidan. - M. Oumar Baddi. - Mme. El Moussawi
Tumanna - Mme. M’Barka Bellahi Abdallah. - M. Mohamed
Sidi Heiba. - M. Rachidi Salma. - Mme. Rachidi Aminatu. - M.
Mohamed Ali Haddad. - M. Deij Ali Beiba. - M. Salek Aadmi. -
M. Mohamed Ali Sidi Zein. - M. Azukanni Salama. - M. Azukanni
Alamin. - Mme. Azukanni El Ghalia - M. Sidina Blal. - Mme. Toufa
Mohamed Mouloud. - Mme. El Ghalia Herbal. - Baba El Aarabi (mineur)
- Abdelwahab Isaaida (4 ans). - Fatma Isaaida (1 an)
* Les Arrestations:
- M. Mohamed El Aarabi - Rabia (son épouse) - Mohamed
Salem Mohamed Arbi - M’Barka et Mohamed Mouloud. - Mohamed
Mouloud Mohamed Arbi - M. El Housein El Issaoui . - La famille
de M. Saaidi El Houssein (tous les members disparus). - M. Boussoula
Mohamed. - M. Ben El Houssein Mohamed. - M. Hassan El Heirach
(enfant). - M. Brahim Bouaamoud. - M. Sidi Mohamed Fadel Aami.
- M. Abba Mouloud Ahmed. - M. Sidi Mohamed Aalouate. - M. Ould
El Kercha.
*Les Familles dont les biens ont été saccagés:
-Ahle Mohamed Arbi
-Ahl Hamma Rachi
-Ahle Devli
-Ahl Lehmad Deida
-Ahl Mohamed Fadel Ould Lehbib
-Ahl Tarfaoui
-Ahle Hassena Ould Hairech
-Ahl Sidi Mohamed Lbeyraoui
-Maison de ehl Boutabaa
-Maison Meina Bellaoui
-Ahl Said Salek
-Ahl Smael Sidi Mohamed
-Ahme Mohamed MOuloud
Madame la Présidente du Conseil de sécurité,
Les civils sahraouis qui ont organisé des manifestations
et sit-in
pacifiques sont demeurés dans le cadre des revendications
légales que
leur confère la loi et le droit internationaux. Ils ont
demandé
l’établissement de la vérité sur
le sort des disparus sahraouis, la restitution
des dépouilles mortelles de ceux décédés
dans les geôles marocaines, le
droit de manifester, de s’exprimer, de circuler librement
en plus du
droit du peuple sahraoui à l’autodétermination
à travers l’organisation
d’un référendum libre et décratique
tel que préconisé par l’ensemble de
la Communuaté internationale.
Quelque soit la recrudescence de la politique de répression
marocaine
dans les territoires sahraouis occupés, nul ne peut dévier
nos citoyens
de réclamer leurs droits nationaux et ce, par les moyens
pacifiques. La
répression féroce menée par les forces
marocaines contre nos
populations civiles au vu et au su de la Mission des Nations
Unies pour le
Référendum au Sahara Occidental (MINURSO) est
un événement d’une extrême
gravité qui requiert une intervention urgente de votre
part afin que
cette Mission onusienne protège la vie d’une population
en détresse, et
puisse lui accorder les moyens susceptibles de pouvoir s’exprimer
de
manière libre et démocratique.
Eu égard à ce qui précède, je tiens
à lancer un appel pressant au
Conseil de sécurité afin qu’il intervienne
de manière urgente pour la
garantie et la protection des populations civiles sahraouies
dans les
territoires occupées de manière générale,
et à El Aaiun de manière
singulière. Ceci est d’autant plus urgent que,
d’après les dernières informations
en provenmance des territoires sous occupation marocaine, la
dégradation des événements n’est
pas à écarter.
Au moment ou les autorités marocaines continuent à
sévir contre les
populations civiles sahraouies en toute impunité et dans
l’indéfférence
complète, il incombe à l’Organisation des
Nations Unies de faire preuve
d’autorité et d’assumer pleinement ses responsabiltés
dans la
protection de ces derniers et exiger du Maroc de se conformer
à la légalité
internationale en leur permettant, notamment de s’exprimer
librement à
travers l’organisation d’un référendum
libre et démocratique, condition
essentielle pour voir s’affermir dans cette région
une zone de paix, de
stabilité et de développement pour tous ses peuples
et celles des
générations futures.
Mohamed Abdelaziz,
Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique,
Secrétaire général du Front POLISARIO."
(SPS)
060/090/100 252350 May 05 SPS