NEWS UPDATE
FROM THE GUE/NGL GROUP

FR

Declaration by Francis WURTZ, president of the GUE/NGL group

The Bolkestein Directive

Strasbourg-14/02/2006,

Who could have imagined a more romantic subject of debate for Saint Valentine's Day than the Bolkestein directive... But things being what they are, what kind of observation does the latest version of this highly emblematic proposal inspire the GUE/NGL group?

First, we are forced to acknowledge and to welcome the fact that the extraordinary social and political mobilisation against this directive which has taken place on numerous occasions for well over one year now has produced a first result: we have all managed to put the supporters of the directive on the defensive.

And then, as Commissioner McCreevy, Mr Bolkestein's successor, has just said, "we must be realistic. A referendum was held in France and the Netherlands". Or, in the words of John Monks, the General Secretary of ETUC, the success of the NO vote 'changed the European landscape (because) everyone subsequently understood that social matters must be at the heart of European policies.' This is why we do not turn our noses up at the "improvers" who were involved in the different negotiations on the directive, in committee.

The question that must be raised now, on the other hand, is whether the thus modified directive has become a good directive, whether its essential substance has changed, in short whether, as some people maintain, workers can now be "rest assured" on the future of their social rights. Our response is - unfortunately no! And those people who claim the opposite are taking a huge responsibility.

On the one hand, they seriously underestimate the effects of the existing "acquis communautaire" of which this directive, if adopted, would be part. Apart from the treaties themselves, European Court of Justice case law - to which Commissioner McCreevy has just insistently referred - systematically protects companies providing services adhering to the country of origin principle and always comes out against host country rules which are likely to "thwart (their) activities".

In the face of such commandeering of sovereignty, a genuine counter-offensive must be organised if this levelling of social rights downwards is to be stopped. By abandoning any explicit reference to the country of destination, the PES-EPP compromise leaves the door open to harassment by the Commission and the Court.

In other respects, supporters of this compromise grossly over-estimate the scope of the "social guarantees" they claim to have introduced into the draft directive. This is how, for example, a company which has its headquarters in a country with low social standards will be able to offer its services throughout the Union through the intermediary of bogus "self-employed" workers so that the host country loses its right to impose the respect for local regulations on this worker.

Another example: it is specified that the provisions on the "posting of workers", which have now been integrated into the draft directive, would guarantee respect for "maximum working hours" to salaried workers from other countries. That's good to know! I would just recall that maximum working time in the Union is 48 hours a week, and even 65 hours in some countries. These very provisions are also supposed to guarantee respect for collective agreements. Nothing is less certain! This remains a "grey area" in Community law and this was admitted recently by the spokesperson for the Commission's Directorate General for the Internal Market.

In such a precarious context, any ambiguity or half-measure, any possibility for interpretation which is left up to the Commission and the Court should be excluded. The right message to get to them is clearly the rejection of the directive. This is true for next Thursday's vote. And if we do not manage to achieve this now, it will remain our objective throughout the whole process. In the meantime, my group will act to get, at the very least, the explicit inclusion in the directive of the primacy of the rule of the country of destination and to limit to the maximum the scope of this text, in particular by excluding all public services.

Over the coming months, we will have many opportunities to vindicate a demand that unites millions of our fellow citizens, women and men: we do not want a directive that makes competition between wage-earners the rule and the safeguard of acquired social and democratic rights the exception. From the Atlantic to the Baltic and from Lapland to the Peloponnese, we say yes to equality, yes to solidarity, yes to the promotion of rights of all women and men. NO to the Bolkestein directive. And it is in this spirit that I extend a warm welcome to those tens of thousands of salaried workers who have come to Strasbourg to defend their rights and the concept of a Europe in which they can recognise themselves once again.

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FR

Déclaration de Francis WURTZ, Président du groupe GUE/NGL

sur la Directive Bolkestein

Strasbourg-14/02/2006,

Monsieur le Président,

On aurait pu imaginer, pour le jour de la Saint Valentin, sujet de débat plus romantique que la directive Bolkestein... Les choses étant ce qu'elles sont, quelles observations la dernière mouture de ce projet si emblématique nous inspire-t-elle, au groupe GUE/NGL?

D'abord, force est de constater, pour s'en réjouir, que les exceptionnelles mobilisations sociales et politiques qui se sont multipliées depuis un an et plus contre cette directive ont abouti à un premier résultat: nous avons, les uns et les autres, mis les partisans de la directive sur la défensive.

Et puis, comme vient de le souligner le porte parole du Commissaire Mc Creevy, successeur de M. Bolkestein: "il faut être réalistes. Il y a eu un référendum en France et aux Pays Bas". Ou encore, comme l'a précisé John Monks, le Secrétaire général de la CES, le succès du NON a "changé le paysage européen (car) tout le monde a compris après cela qu'il fallait remettre le social au centre des politiques européennes." Voilà pourquoi nous ne boudons pas sur les "bougers" intervenus au fil des différentes négociations sur la directive, en commission.

La question qui se pose, en revanche, est de savoir si la directive ainsi modifiée est devenue une bonne directive, si sa substance essentielle a changé, bref si, comme certains l'affirment, les travailleurs peuvent être désormais "rassurés" quant à l'avenir de leurs droits sociaux. Notre réponse est: malheureusement, non! Et ceux qui affirment le contraire prennent une lourde responsabilité.

D'une part, ils sous-estiment gravement les effets de l'actuel "acquis communautaire", dans lequel cette directive, si elle était adoptée, viendrait s'insérer. Au delà des traités eux-mêmes, la jurisprudence constante de la Cour de Justice européenne - à laquelle le Commissaire McCreevy vient de faire des références insistantes et tout à fait significatives - protège systématiquement les entreprises prestataires de services, attachées au principe du pays d'origine et s'élève toujours contre les règles du pays d'accueil accusées de "gêner (leurs) activités".

Face à un tel détournement de souveraineté, il faut organiser une véritable contre-offensive si l'on veut enrayer la machine à niveler les acquis sociaux par le bas. En renonçant à toute référence explicite au principe du pays de destination, le compromis PSE-PPE prête au contraire le flanc au harcèlement de la Commission et de la Cour.

D'autre part, les partisans de ce compromis surestiment beaucoup la portée des "garanties sociales" qu'ils disent avoir introduites dans le projet de directive. Ainsi, par exemple, il suffira qu'une entreprise établie dans un pays à bas standards sociaux offre ses services à travers l'Union par l'intermédiaire de travailleurs dits "indépendants" pour que le pays d'accueil perde tout droit de lui imposer le respect des règles locales.

Autre exemple: il est dit que les dispositions sur le "détachement des travailleurs", désormais intégrées dans le projet de directive, permettent de garantir aux salariés d'autres pays membres le respect de la "durée maximale" de travail. La belle affaire! Je rappelle que la durée maximale du travail est de 48 heures hebdomadaires dans l'Union, et même de 65 heures dans certains pays! Ces mêmes dispositions sont également censées garantir le respect des conventions collectives. En fait, rien n'est moins sûr! Il s'agit d'une "zone grise" du droit communautaire a récemment reconnu le porte parole de la Direction générale "Marché intérieur" de la Commission.

Dans un contexte si précaire, toute ambigüité, toute demi-mesure, tout espace d'interprétation laissé à la Commission et à la Cour sont à proscrire. Le bon message à leur adresser est clair: c'est le rejet de la directive. C'est vrai dès le vote de jeudi prochain. Et si nous n'y parvenons pas dès maintenant, cela restera notre objectif tout au long du processus. En attendant, mon groupe agira pour, à tout le moins, inscrire explicitement dans la directive la primauté des règles du pays de destination et limiter au maximum le champ d'application de ce texte, en particulier en en excluant tout service public.

De l'Atlantique à la Baltique, de la Laponie au Péloponnèse: nous disons oui à l'égalité, oui à la solidarité, oui à la promotion des droits de chacune et de chacun. Non à la directive Bolkestein! Et dans cet esprit, je me joins à vous M. le Président pour souhaiter une chaleureuse bienvenue à Strasbourg aux dizaines de milliers de salariés venus défendre et leurs droits et la conception d'une Europe dans laquelle ils et elles puissent à nouveau se reconnaître.

 

GUE/NGL PRESS OFFICE:
Gianfranco Battistini + 32 475 646628 / + 32 -0- 2 2846785